Site du Conseil Régional de Picardie Site du Conseil Général de L'Oise Site de la Communauté de communes du Vexin Thelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Situé en Vexin français, le village se tient en rebord du plateau qui surplombe au nord deux profondes vallées sèches où se forme, à leur jonction, la rivière du Réveillon.

 

Ce qui frappe le visiteur en entrant dans le village, par la route qui vient de l'est, c’est de trouver l’église seule, isolée dans les champs, à près de 500 mètres à l’ouest de l’agglomération. Cette disposition peu courante est bien entendu à l’origine de nombreuses légendes où se mêlent guerres, épidémies et cataclysmes, chers à l’imagination populaire. Mais elle ne résulte en réalité que d’habitudes prises au cours des premiers âges du christianisme qui pénètre dans nos campagnes vers le VII ème siècle.

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On en retrouve les effets dans bien d’autres villages, à Hardivillers par exemple dans le même canton. La croyance en la résurrection des morts, prônée par le nouveau culte, conduisait les fidèles à se faire enterrer aussi près que possible du sanctuaire jusqu’au pied de l’autel pour les puissants du jour. Parfois même, et c’est le cas à Boubiers, on établissait l’église au milieu du champ des morts et certains de ceux-ci, en application des lois romaines, étaient restés implantés hors des limites du village.   Situé à l’extrémité de la profonde vallée du Réveillon qui coupe le plateau par son travers jusqu’à Gisors, Boubiers fut certainement un lieu de passage obligé pour les peuplades primitives qui ne pouvaient traverser ni la rivière ni le marais. Au néolithique on utilisait les chemins de crête, plus accessibles, matérialisés ici par le vieux chemin de Mantes qui figure encore sur l’ancien cadastre de 1811.

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En venant de Chaumont, il prenait vers la croix Chevalier sur Reilly. Aux Groux, dans la côte des Friches, il semble passer sur une nécropole découverte par prospection aérienne en 1976. La fouille d’une sépulture n’a pas permis aux spécialistes de préciser la datation du site : protohistoire ou Moyen Age ?

 

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Le chemin se glissait ensuite entre l’église et le village, puis à partir du lieu-dit “Le moulin à vent”, toujours en direction du sud, longeait le hameau du Fayel, contournant la butte de Hadancourt-le-Haut-Clocher par l’ouest et gagnait ensuite Nucourt et Mantes.

 

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Les sites archéologiques abondent d’ailleurs au long de cette voie. Le plus connu est un menhir, “la pierre frite”, dalle de pierre d’un peu plus de trois mètres de longueur, plantée sur chant, qui se situe à six cent mètres à l’ouest du Fayel. Les prospections de surface révèlent la présence de bâtiments détruits, d’époque gallo-romaine, du Ier au 1Vème’ siècle de notre ère. Deux sites sont bien circonscrits, l’un au nord du Fayel, composé de deux bâtiments et l’autre au nord-est au lieu-dit “Le gresset”. Toujours pour cette même époque, signalons un emplacement à l’ouest du bourg.

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Le nom du village serait d’ailleurs d’origine latine. Son orthographe varie suivant les textes. Il s’écrit Baberaz en 1080, en 1207 Bobaz, en 1226 Boubiez, et enfin Boubiers en 1265. Ce nom dérive du bas latin Bavaricia qui désigne le boeuf ou la bouverie, mais le maintien du “b” au milieu de Boubiers, alors qu’il se transforme partout ailleurs en “y”, pour faire “bouvier”, paraît insolite. On pourrait à ce propos définir le nom qui désigne les habitants du village. Il suffit de se reporter à l’origine de la formation du mot Bobez ou Boberaz. On en déduit “Bobériens”  et pour en fixer la règle, l’usage veut que le conseil municipal, sur proposition du maire, entérine définitivement le nom par une délibération.

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Pourtant, c’est bien après la période antique que se matérialisera le village dans son site actuel, vraisemblablement vers le VII ème siècle, comme semble l’indiquer la présence groupée de l’église liée à la source guérisseuse, dédiées l’une et l’autre à St-Leu ou St­Loup, l’évêque de Sens mort en 623, dont le culte se répand à cet­te époque et un cimetière franc éta­bli dans la côte voisine d’où l’on signale avoir retiré plusieurs sar­cophages.

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Indices ténus certes sur les origines, mais d'autres indications montrent l'importance qu'à pris le village vers l'an 1000 et dans le cours du haut Moyen Age; avec la construction d’une forteresse associée au dispositif de défense comprenant les forts de Cour­celles, Lattainville, Delincourt, Boury, Lavilletertre, Chaumont et Trie élevés pour défendre la frontière qui séparait depuis le traité de St-Clair-sur-Epte en 911 le royaume de France du duché de Normandie; .sites archéologiques abondent d’ailleurs au long de cette voie comme le  menhir, “la pierre frite” précité. Les prospections de surface révèlent la présence de bâtiments détruits, d’époque gallo-romaine, du Ier au 1V’ème siècle de notre ère. Deux sites sont bien circonscrits.

Le fort s’élevait sur un lieu-dit “Montchevreuil”

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dont on avait perdu la trace retrouvée depuis peu. Les substructions en sous-sol dessinent sous les terres labourées une vaste plate-forme presque car­rée d’environ 80x100 mètres qui s’insère dans l’échancrure du bois. On se rend compte de la puissan­ce de la construction d’après le dessin des ruines de celui de Lavilletertre, construit à la même époque, que nous a laissé le préfet Cambry au début du XIX ème  siècle.

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Au XlII ème siècle, nous connaissons les tenanciers du fief par les sceaux appendus aux chartes matérialisant les ventes, les échanges, les dons consentis aux établissements religieux, alors au sommet de leur puissance. Nous trouvons ainsi successivement en 1226 Pierre de Boubiers, chevalier, qui avait pour armoiries un écu portant en coeur un écusson ; en 1230 Gaultier de Boubiers avec un écu portant un écusson, en abîme, accompagné de merlettes en orle ; enfin en 1248 Jean, seigneur de Boubiers ayant pour armoiries un écu portant une fleur de lys dans le champ. Ainsi les archives nous apprennent que Pierre de Boubiers lègue en 1226 à l’abbaye St-Victor de Paris des terres sur la paroisse, sans doute est-ce en complément de ce que possédait déjà l’établissement monastique depuis le XII ème siècle

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Une curieuse croix de Malte en pierre  de la fin du XII ème ou début du XIII ème siècle, selon M. Roland Vasseur, ancien conservateur des antiquités du Val-d’Oise, se dresse au bord de la route D 121 qui mène de Boubiers à Liancourt-St-Pierre. Ce n’est autre qu’une borne, limite de seigneurie ecclésiastique, car la gravure en bas-relief au centre, bien qu’en partie effacée représente l’agneau pascal portant l’oriflamme de la résurrection (agneau vexillaire). Cette borne devait marquer l’intersection de la route actuelle avec le chemin antique, le chemin de Mantes, évoqué précédemment. Le seigneur abbé de St Victor de Paris présentait d’ailleurs depuis toujours les titulaires de la cure de Boubiers à la nomination du roi.

 

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Les premiers travaux pour l’édification de l’église remontent aussi vers la fin du XIème siècle. Il nous en reste pour témoins la nef romane attestée par les contreforts plats visibles sur les faces latérales à l’extérieur et, à certains endroits des murs, la disposition des pierres en arêtes de poisson, un procédé utilisé par les maçons de l’époque pour le rattrapage des niveaux, tombé en désuétude dès le siècle suivant. Le clocher fut édifié à la suite, dans la seconde moitié du XIIème siècle. Sa flèche octogonale en pierre, décorée d’écailles de poisson, repose sur une tour carrée à un seul étage soutenue par des piliers massifs percés d’arcs en plein cintre. Le chœur sera comme beaucoup d’entre eux agrandi au XIIIème siècle en raison de l’importance que prennent les cérémonies à cette époque.

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Avant d’aborder les grands changements provoqués par la Renaissance qui suit la guerre de Cent Ans, nous descendrons au fond de la vallée vers les sources du Réveillon. La rivière prend naissance, nous l’avons dit, à l’intersection de deux vallées sèches qui barrent le village au nord, la vallée aux Houx, et le grand Pré en contrebas du Ruard d’un côté et la côte des Pétillons ( le nom local du genévrier, le seul conifère originaire du Vexin ) de l’autre. Plusieurs résurgences émergent ici ou là dans les fonds, alimentant des drains qui se réunissent à l’endroit où fut autrefois construit le lavoir.

La pauvreté des ressources en eau du village ( il n’y avait encore au XIXème siècle que trois puits et quatre mares pour les besoins de la commune ) obligent les femmes à descendre au tond de la vallée pour rincer le linge. Huit cent mètres en forte pente, la hotte sur le dos, ce n’était pas une mince affaire. Les plus anciennes s’en souviennent encore.

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On comprend les raisons de l’abandon de ce petit édifice com­munal aujourd’hui bien oublié au milieu des broussailles.

 

A quelques centaines de mètres de là, on découvre une autre source, mais celle-ci d’une certaine noto­riété, la fontaine St-Leu, dédiée comme l’église au saint patron. C’est une disposition courante car les premiers évêques, fatigués d’un combat inutile contre des croyan­ces ou plutôt des superstitions in­déracinables venues du fond des âges, croyances en la vertu guérisseuse des eaux, préfèrent annexer la source à l’église en les consacrant l’une et l’autre sous le même vocable.

On célébrait donc les bienfaits attribués à la fontaine chaque année, le 1er septembre. Les fidèles se rendaient en procession de l’église jusqu’à la source dont les eaux étaient réputées guérir de la peur ou de l’angoisse. Ce jour-là les mères apprenaient aux petits enfants à oser leurs premiers pas, tout au moins pour les retardataires paralysés par la peur “de se lancer”.

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Les eaux favorisaient aussi, disait-on, les mariages. Jeunes gens et jeunes filles qui “avaient des idées derrière la tête”, fixaient des ru­bans ou des petites croix chargés de voeux au tronc d’un frêne proche.

Le pèlerinage resta très populaire jusqu’à la Première Guerre mon­diale. La foule nombreuse venue des environs assistait aux offices du jour, célébrant saint Leu et ses reliques exposées à l’autel. Faut-il voir dans cette manifestation po­pulaire l’origine de cette multitu­de de signes maladroitement gra­vés sur les murs extérieurs de l’église ? ( Graffiti de toutes espèces où dominent les croix de diffé­rentes formes) L’église de Boubiers n’est qu’un édifice parmi beaucoup d’autres qui recèlent de tels signes encore inexpliqués.

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Au-dessus de la source, plantée sur le bord d’un chemin désigné autrefois comme allant de Boubiers à Liancourt-St-Pierre ( par la ferme de Courtieux et Reilly ), se dresse une croix édifiée en 1876, sans doute à l’occasion d’un pèlerinage ou d’une mission. Sur le socle on lit sur une face : A SAINT LEU. O CRUXAVE, sur l’autre:Ce calvaire a été érigé par PIHAN AUGUSTE 1876.

 

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Il ne nous faudrait pas quitter ce fond de vallée sans rappeler la légende du Réveillon qui, comme on croyait à Boubiers autrefois, changeait de couleur trois fois dans l’an­née. Plus merveilleux encore le dicton  “qui­conque a bu de son eau, quelque part qu’il aille reviendra mourir sur ses rives”. Au temps des croisades déjà, on venait s’abreuver à la rivière avant le départ en Palestine. Nos soldats de la Révolution et de l’Empire sacrifiaient au rite ancestral en partant à la guer­re et même avant le tirage au sort pour sortir un bon numéro. On dit aussi que le souvenir n’en était pas perdu en 1914 et plus près de nous en 1939-40.

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Si maintenant, remontés sur le plateau, nous considérons le village à la lumière de ce qui a été évoqué, on se rend compte qu’ainsi éclaté en trois pôles, l’église à l’ouest dans les champs, le centre habité et séparé de la forteresse de Montchevreuil par la profonde vallée sèche, l’ensemble ne pouvait résister longtemps dans le contexte d’un conflit un peu long ou difficile.

Rien d’étonnant à ce que le village ne soit plus que ruines à la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453). La forteresse est rasée ; les Anglais, on le sait, n’accordaient aucun quartier et décapitaient les habitants d’un village coupables d’avoir résisté. La paroisse voisine de Montmirel, à la limite de Reilly, disparaît à cette occasion.

Un lieu-dit voisin, “La mare de sang”, rappellerait le souvenir de ces années terribles.

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Entre les exactions de la soldatesque, la peste qui sévissait depuis 1348, les famines répétées, le Vexin perdit un tiers de ses habitants au cours de ce long conflit; Magny resta plus de vingt ans sans âme qui vive. Le système féodal est pourtant toujours en place. Pas de terre sans seigneur. Le roi récompense ceux qui l’ont fidèlement servi, destitue les autres, sans compter les disparus, la fine fleur de la chevalerie française décimée à Crécy en 1346 et à Poitiers dix ans plus tard.

Ainsi voit-on apparaître à Boubiers

Une nouvelle famille, les Boulainvilliers, à l’origine de la construction d’un beau manoir édifié dans les premières décennies du XVI ème siècle, vers l’avènement de François I en 1515.